Summer Workshop 2019 – Écriture de Plateau

ÉCRITURE DE PLATEAU

Volume Horaire/8H – LIEU : STRASBOURG CENTRE

Adultes : Tous niveaux (pas de pré-requis) – Ouvert à tout public, débutant à confirmé.

Vendredi 12 Juillet / 19h-21h
Samedi 13 Juillet / 10h-12h > 14h-18h

Que vous soyez débutant ou expérimenté, ce summer workshop vous invitera à plonger en territoire sensible et à déployer votre imaginaire dans des sessions ludiques et créatives! Dans un cadre convivial et bienveillant, autour de brunchs et autres apéros dînatoires, ces sessions immersives et inspirantes vous permettront de délier votre potentiel.

Ce stage aura pour objet L’Écriture Théâtrale Contemporaine et ses fondamentaux. La place du texte au centre du dispositif théâtral, l’écriture scénique, dramaturgique (monologues intérieurs, dialogues…), la construction de personnages…Il s’agira ici de déployer sa propre langue, de s’accorder à sa sensibilité et ses affinités, en somme de traverser les vastes champs de la création. Terrain d’observation, de réflexion, d’ébullition et d’incitation à l’écriture, ce workshop agira comme un révélateur de vos qualités d’ écrivants.

Puiser dans son imaginaire, son sens de l’observation, sa mémoire et son intuition pour en faire émerger des textes riches, poétiques, drôles, intimes ou absurdes. Ce stage vous offrira l’opportunité de développer et d’enrichir votre culture et votre sensibilité artistique et littéraire.

Mettez en jeu vos ressources inventives! Destination inédite assurée!

Auteur intervenant : Christine Fariat
WORKSHOP > 90€
RÉDUCTION ADHÉRENTS DE L’ÉCOLE DE THÉÂTRE PHYSIQUE >> 84€

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Une ville dans les étoiles

Vague sur vague, ton sur ton, gris tempête.
Sur le fil de l’horizon, entre ciel et mer,
danse un homme, pinceau à la main,
il tourne, bondit et peint le ciel vert de gris,
puis s’échappe.

Changement de plan, mur-paravent,
toile de fond d’un quotidien connu et reconnu,
où le sculpteur est sculpté,
jouet d’une invisible main
qui le chatouille, le balade et le tire vers son destin.

Plan fixe sur une clairière urbaine,
halo schizophrénique décomplexé sur un mobil home nu,
fondant à l’écran,
agonisant dans une plainte « d’après moi le déluge « ,
tournant en loop indigeste.

Fondu au vert, ouverture diaphragme lent,
un cube dans un cube,
un puits quadrilatère ouvrant sur le vide
contenu dans un bac transparent de béton concept,
copulation archi-angulaire de néant trompe l’oeil.
dans la salle, c’est le silence,
un silence d’effroi ou de froid extrême,
les jeunes gens se serrent les uns contre les autres,
leur sang se fige,
leurs yeux de biche effarés pris dans la glace
stroboscopique d’un 24 images seconde de trop.

Trop de spectacle tue le spectacle.
C’est à ce moment précisément,
que l’ouvreuse marchande de glace fait son entrée,
une rose pourpre fichée dans son chignon survitaminé.
Spectres jusque là,
tous saisissent, à cet instant hasardeux
le sens caché derrière l’écran,
qui justement devient opaque,
plein d’une fumée sans feu remplissant chaque pore de sa peau tendue
à l’extrême.

Plein feu sur une dernière séance,
changement de monde,
on bascule la caméra sur l’épaule, au cœur de l’action.
On peut voir une salle d’enfants, de femmes et d’hommes,
tous debout, mains tendues, les poings serrés,
vers le grand écran qui fond,
sans verser de cendres,
devant leurs regards indescriptibles.

Soudain,
les mains s’ouvrent toutes,
dans un même souffle créateur,
et apparaissent en suspens
des images ou plutôt des hologrammes
aux contours encore flous
mais qui gagnent en netteté en prenant de l’assurance et de la hauteur.

Des êtres vivants, humains, animaux, arbres, fleurs,
et des prairies, des rivières, des forêts, des montagnes,
et aussi des maisons, des voiliers, des fusées,
mais des chimères aussi,
quelques absurdes constructions
mais surtout d’ingénieuses et merveilleuses projections
surgissent de leurs paumes, poussent, grandissent
et se dirigent toutes vers ce qui était jusqu’à maintenant
la frontière à leurs réalisations.
Le spectacle est mort. Vive le spectacle.

Bientôt ce sont les enfants, les femmes et les hommes eux-mêmes
qui accrochés à leurs projections respectives
s’élèvent à leur tour.

Vue de l’oeil de celui qui était le projecteur,
logé dans le noir en contre-haut derrière leurs dos obscurs.
Il assiste à la scène finale et la décrit ainsi,
privé de caméra, objet de transmutation devenu brusquement obsolète.
« C’est absolument apocalyptique, disons pour le moins totalement psychotropique! En ce moment même, ils traversent tous l’écran qui s’est remis à diffuser une lumière, ou plutôt à l’infuser, c’est étrange !
On distingue un paysage que rejoignent tour à tour ces spectres-acteurs survoltés.
Mon Dieu c’est du Magritte ! »

Vague sur vague, ton sur ton, gris tempête.
Sur le fil de l’horizon, entre ciel et mer,
là où dansait un homme pinceau à la main,
se tiennent en équilibre les premiers arrivés,
qui attendent les autres.
Lorsqu’ils sont tous là, jusqu’au dernier,
alors commence leur danse hypnotique, pleine d’intention et d’imagination,
ils tournent comme des derviches, bondissent comme des tigres
et de leurs pinceaux de bois dur
peignent le ciel, la mer, et la terre de leurs désirs réveillés.
Et bientôt,
l’air se gonfle, vibre, se tend et se compresse,
puis se détend et s’ouvre finalement,
pour laisser apparaître un nouveau monde chargé de sens.

Et le dernier spectateur, ultime témoin, nécessaire preuve vivante,
logé au creux d’un nuage au cœur de la peinture du monde,
assiste,
les yeux embués de larmes d’émotion
et le cœur battant à rompre sous sa poitrine frêle,
à la naissance d’une ville.
Une ville planète porteuse de tous les rêves humains.
Une ville dans les étoiles.

Sevisan Nhook

Ouverture des inscriptions au CYCLE WRITING PROCESS !

UN PARCOURS DE 5 WORKSHOPS/ ECRITURE

-> CONSTRUIRE SON HISTOIRE

Décryptage des potentiels narratifs et thématiques d’un récit

Choisissez un ou plusieurs workshops et créez votre propre parcours suivant votre progression personnelle et vos besoins particuliers.
Chaque workshop peut être suivi de manière autonome mais les cumuler dans un sens de complémentarité vous fera traverser un processus complet et une démarche plus intensive.

LE DÉROULEMENT DES WORKSHOPS 
1 WORKSHOP: Volume Horaire = 8h
Vendredi / 19H-21H: Présentation et Introduction
Samedi/ 9H30-12H30 + 14H-17H: Travail sur la thématique & coaching individualisé
 
LES TARIFS
1 WORKSHOP = 90€
( Réduction si vous suivez déjà un cours à l’École de Théâtre physique = 80€ )
 
LE PARCOURS TOTAL/ 5 WORKSHOPS/ 40 HEURES DE FORMATION
= 330€ (au lieu de 450€)
( Réduction si vous suivez déjà un cours à l’École de Théâtre physique = 290€ au lieu de 400€ )

LES DATES DES 5 ATELIERS
1.    ‘Le désir de récit’ /  15 + 16 février 2019  
2.    ‘Corps et âme’/ 15 + 16 mars 2019
3.    ‘Du sang et des larmes’/ 12 + 13 avril 2019
4.    ‘Étoffer, élaguer, débloquer’/ 17 + 18 mai 2019
5.    ‘Savoir finir’/ 21 + 22 juin 2019 

LE COMMENTAIRE DE L’ANIMATEUR
Le cycle des 5 ateliers obéit au rythme inhérent à l’écriture d’une histoire complète.
Il démarre par un atelier, celui de février, sur le désir de récit et se termine en juin, avec un atelier de finitions (corrections-relecture-réécriture-le monde de l’édition). A chaque workshop, une étape du processus est plus particulièrement étudiée, travaillée en profondeur.

Cependant, il est tout à fait possible de suivre un ou des ateliers séparément.
Ce ne sont surtout pas des cours « magistraux » où un savoir se transmettrait de professeur à élèves, bien au contraire !!!


Chaque participant est un écrivant à part entière, avec sa propre histoire, son style, ses différences et donc ses propres besoins, questionnements, envies, directions, …

 » Je suis là en tant que meneur de jeux d’écriture, de stimulateur, « d’empêcheur de tourner en rond » pour aider à vous poser les questions qui font avancer, pour créer le climat de confiance nécessaire à l’abandon et donc à l’écriture, pour également garantir la bienveillance collective essentielle au partage de nos écrits et enfin pour transmettre ma propre expérience de raconteur d’histoires et d’expérimentateur des méthodologies de divers illustres auteurs sur la fabrication universelle des histoires. »

LE DEROULE DANS LE DETAIL
Chaque week end se déroule ainsi:
– on se rencontre 2h le vendredi de 19 à 21h, pour que je me présente à vous, pour que chacun se présente aux autres, pour faire connaissance à travers un premier jeu d’écriture-lecture, pour qu’on aborde le travail du lendemain et pour qu’on crée ensemble notre petit collectif dans la convivialité, le respect et la confiance.
– on se retrouve le lendemain matin, le samedi à 9h30 pour commencer notre « jeu-travail » (le principe est de s’amuser sérieusement ! ;-)) et on avance pas à pas, alternant successivement écriture, lecture, analyse, réécriture, jusqu’à 17h.

Une pause de 1h30 est prévue entre 12h30 et 14h00. Soit pour s’aérer, aller manger à l’extérieur ou manger sur place avec ce que vous aurez ramené (tout est prévu sur place pour réchauffer des plats, faire du thé/café, etc..). Moi-même je reste sur place et me tient disponible pour celles et ceux qui auraient le souhait de s’entretenir plus directement avec moi de leur projet d’écriture.

Yves Kuhn

N’hésitez pas à me solliciter si vous avez d’autres questions.
Vous pouvez me contacter directement ici !

Voici un lien vers la page qui présente le cycle Writing Process sur le site de l’Ecole de Théâtre Physique, pour qui j’interviens :
http://theatre-physique.com/the-writing-process-2/

Et enfin ici le lien direct vers la page de réservation et de booking des workshops :
http://theatre-physique.com/the-writing-process-get-ready/?fbclid=IwAR2xedbEzUkKHRTFqPAli1Mbg0F-70TSwazk6TsEwfcJLpf-NoZRKOHZixE

Yves Kuhn

Ecrire comme un acte magique

Il y a quelque temps j’avais écrit un texte sur l’acte d’écrire, ce qu’il représentait pour moi.

Ecrire comme un acte de résistance, au temps qui passe, à l’effacement, à la confusion des idées, des sens et des émotions.

Utiliser l’écriture comme refuge mémoriel lorsque les avalanches régulières du temps recouvrent le paysage de sa jeunesse, se fixer ainsi, à jamais, par écrit.

Autre temps, nouvelle vision, même si je peux encore me reconnaître dans cette version de mon  » Pourquoi j’écris? » Aujourd’hui est un autre Présent, où moi écrivant, je pose une analyse alternative ou simplement additionnelle sur mon écriture.

Ecrire comme un acte magique, de création, de création de temps avant tout.

Mes écrits d’aujourd’hui sont les enfants des désirs créateurs qui peuplent mon passé d’écrivant.

Et c’est parce que je met beaucoup d’intention, et de présence à chaque fois que j’écris, porté par mon désir du moment et par ceux encore à venir, que je permet d’ancrer et de faire exister mes mots et autres incantations dans une version du passé plus réelle que les autres. Et c’est fort de cette filiation aux racines profondes, que les mots d’aujourd’hui peuvent prétendre à plus de réalité encore et permettre à un moi écrivant, plus créateur et peut-être aussi plus libre de prendre corps et d’exister.

J’écris pour vivre toujours un peu plus près de moi donc j’écris pour avoir plus d’influence sur le cours des évènements, sur le cours du temps, favoriser une certaine vision du futur au détriment de toutes les autres versions potentielles pré-existantes. Essayer d’influer sur son moi de demain en cherchant à gagner en volonté et clairvoyance dans son écriture.

Ecrire c’est exister.

Néon de Bruce Nauman

Je crois en la force de l’intention, je crois au libre arbitre, je crois qu’on peut s’affranchir de notre conditionnement programmé de base.

J’écris et parce que je crois en ma liberté je crée par là même de la réalité. Et parce que j’y met mon intention, ma force de conviction, mon puissant désir et toute mon imagination et aussi parce que je vis ce que j’écris, que je ressens dans ma peau et mes tripes ce que j’écris, je projette une version personnelle du monde qui prend corps dans la réalité partagée, et qui elle même me reconditionne et sculpte mon univers, celui d’aujourd’hui et de demain.

Peu m’importe de savoir qui est le moteur initial de ma réalité, l’histoire que je crée ou moi l’écrivant.

Ecrire est plus que résister à l’usure et l’oubli, écrire c’est pour moi recréer le monde, le mien et le conjuguer au passé, présent et futur.

Ecrire sur l’Amour

Pourquoi est-ce si dur, pour moi, d’écrire sur l’amour?

Comme si l’amour ne s’écrivait pas.

Je peux écrire sur le désir, sur la jalousie, sur l’attirance sexuelle, sur le dévouement mais l’amour véritable reste muet. J’ai l’impression que chercher à écrire sur l’amour est une tentative vaine, pour moi en tout cas.

Mettre des mots sur des forces invisibles ne les rend pas plus visibles, peut-être au contraire.

Ecrire  » l’amour est une force » par exemple, est à la fois vrai mais aussi et surtout sujet à multiple interprétation. Les mots appartiennent au monde de ce qui doit faire sens, alors que ce que l’on désigne sous le vocable amour échappe à toute définition précise.

Mille définitions de l’amour pour mille personnes, comme mille tentatives de circonscrire une énergie à une idée. L’amour, pour moi, n’appartient en réalité pas au monde des idées, au domaine de la pensée mais à celui de l’Invisible, de l’Indicible, du Spirituel pourrait-on presque dire.

J’aime ma maman, mes enfants, j’aime ma compagne et j’aime aussi être là, j’aime le bon vin mais j’aime être dans le désert.

Et que me servirait de préciser, par adjonction de mots, l’intensité de mon amour, profondément, sincèrement, un peu, à la folie, pas du tout.

Exprimer son amour par des mots, une lettre, un plaidoyer revient à exprimer du mieux que l’on puisse quelque chose qui nous dépasse, nous entraîne, nous transcende. La beauté des mots, la force de conviction qui sous-tend une lettre d’amour est comme là pour témoigner, dans le temps et l’espace, que l’autre est essentiel, important, primordial à ses yeux.

Mais témoigner n’est pas vivre l’action. Le témoin est celui qui assiste à une scène dont il n’est pas l’auteur mais le spectateur. Ecrire l’amour, comme regarder une scène intérieure projetée à l’extérieur de nous même, avec notre regard subjectivé par tout un passé, une culture propre.

L’auteur est celui qui aime, et ce qui se passe à ce moment, semble plus universel, intemporel, dénué de significations culturelles, géographiques.

Alors écrire sur son amour, comme devenir spectateur de sa propre vie, acte quelque peu schizophrène. Ou alors imaginer de pouvoir stopper le fil de sa pensée, couper l’intellect, se laisser traverser par l’énergie de l’amour et sortir de soi un rejeton, une trace écrite, dessinée, peinte, sculptée, filmée, ou pleurée, chantée, dansée.

Coule mon coeur

assis, seul,
le bois chante,
furie du monde
restée en bas,
bonheur caché
si proche, si simple,
la terre bruisse
coule mon coeur

YK

Un morceau d’inutile qui me rend plus humain

Il existe un lieu inexploré ou plutôt inexplorable dans ce monde, qui m’est spécialement destiné. Peut-être existe t-il également pour vous tous, ou plutôt pour chacun de vous, un de ces lieux qui vous serait réservé….

Mais quel intérêt d’avoir un tel espace à soi, s’il est justement inaccessible ? C’est tout le paradoxe de cet Autre Lieu, qui est le plus proche de soi mais également le moins atteignable. Ou plutôt devrais-je dire le moins atteignable spatialement.

Ce lieu qui ne m’est pas spatialement destiné, a ceci de spécial : son intemporalité.
Ce qui le caractérise le mieux c’est de ne pas avoir été conçu, de ne pas être apparu, il EST simplement.

On pourrait penser qu’il se cache parmi nos rêves, comme une pièce inutile, une pièce sans fonction, un espace de vide pensé par Perec… Ce pourrait être aussi un endroit à la Matrix, un sanctuaire d’où l’on refait surface. Mon lieu inexplorable, celui qui m’est destiné me rend mortel, humain.
Il est là sans l’être ou plutôt il a une présence sans être là.

Pour moi c’est un désert jaune, rouge qui exhale une chaleur sourde, je l’appelle mes chants pourpres. Il est dans ma poitrine et y occupe un peu trop de place mais c’est le mien et je ne l’échangerai pas contre le vôtre.

Inatteignable, je peux m’y projeter quelques instants parfois, guère plus sous peine de m’y perdre et de me fondre, cellules comprises dans ses grains de rien, si beaux pourtant.

Inutile ? Peut-être pas en fin de compte !